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Repenser notre Devenir : L’Afrique et le Monde Arabe face à l’Histoire

La mondialisation accélère le mouvement de l’histoire. Mine de rien, l’Afrique et le Monde Arabe, bien différenciés, c’est évident, ont connu concomitamment de profondes mutations. Les changements auront été foudroyants, sismiques, brutaux et parfois, malheureusement, tenus et même imperceptibles.

Néanmoins, les digues ont plutôt cédé parfois, plus vite, qu’on ne le pensait. En tout état de cause, elles céderont tôt ou tard. D’une rive à l’autre, d’un territoire à l’autre, on retrouve quelques lignes directrices à ce fatras de mouvements.

La première lame de fond est cette envie de changement, bien restituée par des revendications découlant, pour l’essentiel, de certains universels humains que les oligarchies et les autocraties bien implantées refusaient de prendre en compte. L’aveuglement aura abouti, par moment et par endroit, à des tragédies et à des désordres incontrôlés et incontrôlables.

Partout, les foules, souvent jeunes, mettent en avant l’exigence démocratique. La contestation va bien au-delà. En effet, elle remet en cause le mode de gouvernance des Etats et, in fine, des sociétés, dans leur ensemble. Pourquoi ? Parce que le garrottage est, sans précédent, dans ces deux mondes. Les libertés fondamentales et les droits démocratiques sont bafoués à ciel ouvert. Plus grave, les caractères archaïques des sociétés plaquent, d’autres fatalités, sur l’histoire : un lot inextricable de frustrations peu connues de l’extérieur. Les inégalités sociales et sociétales, la pauvreté structurelle de masse, l’analphabétisme, les schismes confessionnels, les conservatismes outranciers, les fractures ethniques et claniques contingentent et nourrissent la contestation généralisée déjà, en cours et/ou latente.

La seconde est l’absence de changements dans de nombreux pays arabes et africains qui vont dans le sens des printemps observés depuis bientôt deux ans.

La troisième ligne est la quête d’une nouvelle citoyenneté dont les éléments structurants sont la liberté, la dignité et l’honneur. Le rêve recherché par tous ces peuples est de se choisir leur voie, leur destin en toute liberté et dignement. Point d’hommes Providentiels ou d’oligarchies protectrices respirant la puissance. Tous ces peuples ne veulent plus vivre sous la contrainte exceptée celle qu’ils se choisiront en toute liberté.

La quatrième ligne est plutôt inquiétante : l’absence de canalisation des forces démocratiques et progressistes. Le risque notoire dans certains pays et plus pernicieux dans d’autres de voir s’imposer des idéologies antidémocratiques est réel. Les courants de pensée progressistes ont certes, contribué à animer et à impulser les contestations sans être eux-mêmes préparés à garantir une alternative crédible et apte à donner corps à une véritable gouvernance démocratique. Les prises successives des partis islamistes dans certains pays comme la Tunisie et l’Egypte soulignent cette tendance. Mais le plus grave est l’importance accrue des mouvements type Salafiste plus radicaux que les Frères Musulmans ou Ennahda. Est-ce durable ? Tout dépendra du soutien dont jouiront les courants démocratiques et libéraux de la part de la Communauté Internationale.

La quatrième est l’exigence de la mise en place d’institutions fortes capables de protéger, de réguler et de dialoguer en toute indépendance. Le devenir des mutations en cours en dépend.

En effet, il s’agit dès le départ de fixer et de faire respecter les principes suivants : la définition, la séparation et le contrôle mutuel des pouvoirs et les divers étages de l’Etat, la garantie du pluralisme et l’exigence de l’alternance pacifique, la neutralité confessionnelle de l’Etat.

La sixième recouvre une double dimension : la stabilité et la sécurité. Trop d’échecs, trop de déceptions, trop de désillusions sont associés à l’instabilité qui aura conduit, en tout lieu et en tout temps, à l’abîme et aux reculs récurrents.

La question de la sécurité est beaucoup plus complexe. Elle renvoie aujourd’hui à la problématique du terrorisme de masse et le fanatisme religieux.

Or ce dernier, le plus incriminé, est fondamentalement protéiforme à un triple niveau : discours, mode opératoire et organisation. La manière de l’aborder clive plus qu’elle n’unit. Les discordances au niveau de la communauté lui ouvre grandes des brèches à travers lesquelles il déstabilise et terrorise.

En tout état de cause, la double problématique du terrorisme et de la sécurité est planétaire. A cet effet, elle requiert des réponses de la même dimension. D’où la septième ligne qui consiste à repenser notre devenir en mettant à plat nos rapports actuels au plan international dans trois directions : diplomatie coordonnée, coopération économique rénovée et sécurité.

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