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Liberté d’Expression, Intolérance, Violence, Brutalité

La diffusion d’un film blasphématoire sur l’islam a fait briser, dans le fracas de l’intolérance et de la violence, la bonne conduite, quatre années durant, de l’administration américaine. Elle a dilué les minces espoirs suscités par le discours du Caire et le printemps des peuples arabes.

Les débats organisés par les médias de masse soulignent la faille abyssale qui sépare l’Occident judéo-chrétien et le monde musulman.

Depuis la mise en ligne de ce blog, nous n’avons de cesse d’insister sur cette faille qui est à la fois éruptive et latente, grosse de haine et de fraternité, source potentielle de conflit et probable vecteur d’espérance. L’embrasement généralisé et foudroyant observé depuis quelques jours conduit à une évidence : les effets dévastateurs de l’innommable trilogie intolérance, haine et violence.

Aujourd’hui plus qu’hier, il suffit d’un geste, d’une image, d’un mot pour enflammer les foules. Chacun y va de sa petite phrase, de son jugement et de son analyse à l’emporte-pièce. Il me semble que la problématique est plus dangereuse plus profonde et plus complexe qu’on ne le pense. L’analyse des causes de cette tragédie humaine ne sauraient se réduire à des principes. Elle engage la responsabilité collective des hommes, de la communauté internationale. Des années durant les accointances des démocraties occidentales avec les systèmes oligarchiques et dictatoriaux en tous genres, au mépris de leurs propres principes et valeurs, les ont discrédités aux yeux des peuples musulmans et d’ailleurs. Tous ces grands Etats sont associés à tort ou à raison aux injustices et à l’arbitraire. Rappelons les soutiens indéfectibles de pays comme les Etats-Unis et la France aux Présidents Moubarak et Ben Aly. Face à ce mur les peuples meurtris et notamment la jeunesse désemparée recherchent rédemption et libération dans le religieux. Le printemps des peuples arabes s’est construit sur un double rejet immédiat celui des oligarchies et de leurs alliés occidentaux. Pendant longtemps d’aucuns pensaient qu’on s’acheminerait vers des systèmes démocratiques répondant aux critères usuels. C’est la première méprise sur le sens de la révolte. Du moins à court terme. On oublie au passage que la dictature emportée aujourd’hui et soutenue hier étouffait, comprimait les libertés et, in fine, interdisait tout discours autre que religieux. Cet embastillement toléré à ciel ouvert par l’Occident aura été le liquide amniotique de tous les extrémismes et les schismes.

Par ailleurs, le conflit israélo-arabe et les errements de l’administration Bush n’ont fait qu’exacerber les contradictions et consolider le sentiment d’injustice.

Néanmoins et nonobstant les difficultés et incompréhensions actuelles on n’est pas au seuil d’un conflit de civilisations. Bien au contraire beaucoup d’universels humains ont leur chemin. Leur ancrage graduel et leur dissémination soutenue éloignent une telle perspective.

A court terme, on observera quelques intumescences de la violence et de véritables rechutes. Mais la tendance lourde de l’histoire mondialisée restera inchangée. Cela requiert néanmoins que la justice prévale partout à travers tous les mécanismes de la coopération internationale. Les pays occidentaux doivent désormais agir selon leurs intérêts bien sûr mais aussi les principes qu’ils jettent au visage de chacun et sur la base desquels ils incriminent les musulmans. C’est le sens qu’il faut donner à des ressorts humains comme l’intérêt général, le respect des normes et la lutte contre l’injustice. C’est par ce biais que seront isolés les extrémistes en tous genres.

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