Dans le tumulte généralisé, la raison n’a pas sa place. La surenchère est la règle. Je sais que ce que je vais écrire est un avis minoritaire en Egypte et ailleurs. Etre minoritaire ne doit jamais empêcher quelqu’un d’exprimer son avis. Le mien, pour le cas d’espèce, est de soustraire, à la justice, un vieillard mourant, atteint d’un cancer métastasé et incapable de se présenter sans civière. Ca serait un acte de sagesse et d’humanisme.

De bonnes âmes diront qu’il doit répondre de ses actes. C’est parfaitement vrai et juste. Cela constituerait un exemple et une dissuasion soutiennent d’autres.

En son temps et sur ce blog, nous avons, jour après jour, dénoncé les actes diaboliques des tyrans arabes. Avec d’autres, nous avions défendu jusqu’au bout cette jeunesse déterminéejoyeuse et courageuse.

Aujourd’hui, il me semble que le temps du pardon est arrivéChaque changement d’une grande ampleur a ses forces, ses faiblesses, ses succès francs et/ou mitigés, ses échecs, ses pages noires. La révolution égyptienne n’échappera pas à cette règle. L’une de ces pages noires à assumer est, précisément, celle relative à Moubarak. Le changement est arrivé tard. Le Raïs est vieilli et rongé par la maladie. Son accession au pouvoir en a fait un autocrate contesté et contestable et ouvert une période des pires turpitudes. L’histoire a rendu son verdict : Le système Moubarak aura été terrassé et noyé sous les flots de l’espérance. Le tyran a été réduit à un vulgaire détenu avec sa tenue blanche.

Mais n’oublions jamais que Moubarak n’est ni Ben Ali ni Abdallah Saleh. C’est héros de guerre. Major de sa promotion et Commandant de l’Armée de l’Air, cet officier était populaire en arrivant au pouvoir compte tenu de son histoire et son parcours héroïque dans la guerre contre Israël. Quoiqu’on en dise aujourd’hui, Moubarak aura été le Chef du monde arabe respecté. Sa parole portait.

 La différence pouvait se lire dans le comportement de chacun. Le Président Moubarak aurait été accueilli avec tous les honneurs et le respect dans toutes les monarchies du golfe. Le Roi Abdallah l’aurait bien reçu. Je me rappelle de cette réponse : Je suis né ici, sur cette terre que j’ai défendue avec mon sang et j’y mourais. Il a tenu parole.

Autant les fils Moubarak et toute la nomenclature du régime doivent répondre autant le Raïs doit être libéré au nom du mât pharaonique et de l’humanitude africaine. C’est aussi un acte de sagesse et une décision courageuse.